Moi aussi j'ai mes affects. J'essaye de me faire violence, de lutter mais là je n'y arrive pas... Ce patient là
je ne l'aime pas, je le trouve imbu de sa personne, dédaigneux. J'ai beaucoup de mal à faire preuve d'empathie à son égard... Personne n'est parfait (moi la première) et on ne peut pas toujours
maitriser ses ressentis... Pas évident quand même, je me dois ne pas avoir ce genre d'affects et d'émotions mais je suis humaine avant tout ! Me voilà confronter à ma première
difficulté en ce qui concerne la neutralité que ma fonction exige...
Par Stagiaire en prison
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En détention aussi il y a des riches et des pauvres. Il y a ceux qui peuvent se permettre de "cantiner" (=acheter
ce qui n'est pas fourni par l'administration pénitentiaire) et il y a les indigents (ils étaient pauvres à l'extérieur, SDF, sans famille, sans travail, ils le sont restés en prison). Ces
différences m'ont marquée, il y a donc différentes manières de vivre sa prison mais ça ne veut pas dire que c'est plus facile pour les plus riches. En terme de souffrances, je ne sais pas qui
souffre le plus. Après tout, chacun souffre à sa façon et ça ne se quantifie pas forcément sur une échelle. Bref, je suis un peu confuse dans mon écrit aujourd'hui. J'espère que vous aurez saisi
ce que j'ai voulu faire passer comme message.
Par Stagiaire en prison
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Sensation désagréable d'être au coeur d'une véritable guerre civile ! D'un côté nous avons les surveillants et de
l'autres les soignants. Les soignants étant "du côté des détenus", ils sont forcément "mal vus" ! Certains ont un peu de mal à comprendre que si tout le monde s'entendait bien, ça irait
beaucoup mieux... Non non je ne vis pas au pays de Candy et des Bisounours ! Mais certains surveillants ont du mal à intégrer le fait que notre bureau est quelques fois un défouloir pour les
détenus, quand ils se sont défoulés face à nous, ils en ressortent plus calmes et donc moins agressifs avec les surveillants ! Je tiens à souligner que je m'entends très bien avec les
surveillants et aussi avec les soignants et la relation thérapeutique avec les patients/détenus se passe très bien aussi ! Avant de commencer ce stage, j'ai décidé de laisser mes stéréotypes et
mes préjugés à la porte d'entrée : je ne regrette pas ! Les surveillants ne font pas tous de l'abus de pouvoir et les détenus ne sont pas tous des voyous. Tout cela pour dire que je
m'interdis donc de choisir mon camp ! ! !
Par Stagiaire en prison
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Lors de la seule demi-journée de stage que j'ai eu le temps de faire la semaine dernière : deux
suicidaires... un en pleure, l'autre en colère... Je sors de la prison triste... Y'aura-t-il un jour, un seul jour, où personne n'aura envie de mourir dans ce triste décor ??
Par Stagiaire en prison
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La semaine dernière j'étais fatiguée (nuits passées sur mon mémoire...), stressée (examens qui approchent...) et
soucieuse (vie personnelle pas spécialement gaie en ce moment), lorsque je me suis présentée devant la première porte, je me suis sentie fragile... Je n'avais jamais ressenti cette fragilité, je
me suis sentie dépourvue de forces dans ce milieu d'hommes, je me suis sentie seule (comme une petite fille qui vient de perdre sa maman dans un grand magasin). J'ai presque eu envie de faire
demi-tour, de rentrer chez moi. Une fois les sept lourdes portes franchies et l'entrée dans le service médical : j'ai vite retrouvé mes forces mais je me suis rendue compte que ce métier et ce
milieu demandaient une vraie solidité. Fragilité très passagère, solidité de fond : j'y suis, j'y reste !
Par Stagiaire en prison
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